RDC : vers une refonte stratégique de la SNEL, le Gouvernement presse pour un choix décisif

RDC : vers une SNEL réorganisée pour un accès fiable et durable à l’électricité

Ntemo
By
Incendie criminelle sur le siège de la Snel à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo

Kinshasa accélère. Au cœur des enjeux énergétiques nationaux, le Gouvernement de la République démocratique du Congo enclenche une nouvelle phase décisive dans le processus de restructuration de la SNEL S.A.. Deux correspondances officielles, émanant respectivement du ministère des Finances et du ministère du Portefeuille, révèlent une volonté claire : trancher rapidement parmi plusieurs options stratégiques pour redresser l’entreprise publique et garantir un accès durable à l’électricité.

À l’origine de cette dynamique, une étude approfondie conduite par le cabinet international Tetra Tech, avec l’appui de la Banque mondiale. Le diagnostic est sans appel : infrastructures vieillissantes, pertes techniques et commerciales élevées, gouvernance fragile et un endettement estimé à près de deux milliards de dollars américains. Autant de défis structurels qui freinent la performance de la SNEL et compromettent les ambitions énergétiques du pays à l’horizon 2040.

Face à cette situation, cinq options majeures de restructuration ont été identifiées. La première propose une segmentation interne de la SNEL, maintenant une seule entité mais avec une séparation claire entre production, transport et distribution. Une approche qui viserait à améliorer la transparence et l’efficacité opérationnelle sans bouleverser l’architecture institutionnelle actuelle.

La deuxième option va plus loin, en suggérant la création de trois entreprises publiques autonomes, chacune spécialisée dans un segment précis du secteur électrique. Cette configuration permettrait, selon ses promoteurs, d’attirer plus facilement des financements ciblés et d’optimiser les performances techniques et financières de chaque branche.

Une troisième piste introduit un recentrage stratégique de la SNEL sur le réseau Ouest-Sud, considéré comme le cœur économique du pays, tout en confiant d’autres réseaux à des opérateurs tiers via des appels d’offres. Dans la même logique, la quatrième option positionne la SNEL comme opérateur national du transport d’électricité, garantissant un accès équitable aux infrastructures et un meilleur équilibre entre l’offre et la demande.

Enfin, une cinquième variante affine cette dernière option en combinant le rôle d’opérateur national du transport avec un recentrage opérationnel sur le réseau Ouest-Sud, afin de sécuriser les interconnexions et maximiser les investissements.

Dans ce contexte, le ministère du Portefeuille a haussé le ton. Dans une correspondance officielle datée du 27 mars 2026, il ordonne la convocation en urgence d’une réunion du Conseil d’administration de la SNEL, suivie d’une Assemblée générale ordinaire. Objectif : examiner en profondeur les différentes options issues de l’étude et arrêter une position claire à soumettre au Gouvernement.

Cette pression institutionnelle traduit l’urgence d’une décision politique attendue depuis plusieurs années. Le Gouvernement entend, en toute souveraineté, définir l’architecture future du secteur électrique congolais, dans un contexte où l’accès à l’énergie demeure un levier essentiel de développement économique et social.

Droits des tiers : image Illustrative

Au-delà des débats techniques, c’est donc une réforme de fond qui se dessine. Entre maintien d’un modèle intégré et ouverture progressive à une gestion segmentée, le choix qui sera opéré dans les prochaines semaines pourrait redéfinir durablement le paysage énergétique national. Pour la SNEL, comme pour des millions de Congolais, l’enjeu est de taille : transformer une entreprise en difficulté en un moteur fiable de croissance et d’électrification.

NTEMO CD

Share This Article